L’avenir des emplois automobile

L’arrivée et l’innovation apportée aux smartphones, objets connectés et habitats intelligentsvont de pair avec l’automatisation portée sur l’industrie automobile. Et en même temps, les technologies de dernière génération ont amplifié la demande de nouvelles compétences dans la main-d’œuvre du secteur. Aujourd’hui, les ingénieurs à eux seuls, selon le bureau d’études Nasscom, se compteraient actuellement jusqu’à 70.000. Et ce même cercle de professionnels compteraitenviron un million d’ingénieurs d’ici 2020. Mais les métiers de la vente, dans les concessionnaires, seraient aussi dans le même cas ? Nous allons décrypter l’évolution constante de l’emploi automobile, en particulier au niveau des concessionnaires canadiens.

L’emploi automobile : un secteur en constante évolution

Le rapport de Nasscom estime aussi que le secteur automobile offrira probablement 14,3 millions de postes en 2022, et que 60 à 65% des postes demanderaient de nouvelles compétences, en phase avec la vague de modernisation dans l’industrie. Les observateurs pensent que les postes peu qualifiés seront probablement les plus touchés par l’automatisation, bien que très peu d’emplois soient entièrement automatisés à court ou à moyen terme.Alors, si les tâches répétitives comme la peinture et la soudure peuvent être menacées, les postes dans la robotique, le développement et la maintenance seront forcément multipliés.
Il est vrai que l’automatisation des chaînes de production profite bien aux constructeurs automobiles, mais elle aurait un impact négatif sur l’emploi automobile. A la robotisation vient la nécessité d’embaucher une main-d’œuvre qualifiée, dotée de compétences avancées qui permet de concevoir, mettre en œuvre, surveiller et gérer le processus d’automatisation. Cependant, certaines tâches complexes ne peuvent tout simplementpas être automatisées : elles continueront donc à nécessiter une intervention humaine. C’est pour cette raison que de nombreux constructeurs et équipementiers travaillent constamment sur la formation et le recyclage de leurs effectifs. Ce double processus permet de mettre à jour constamment les compétences dans un paysage technologique en constante évolution.
Enfin, on pense que les départements R&D constitueront toujours un aspect crucial de l’industrie, d’autant qu’ils rendent possible l’exploitation des technologies modernes. Les départements d’ingénierie emploient déjà plusde 5 millions de salariés, tous secteurs confondus, et 15% de ces postes sont concentrés dans l’industrie automobile.

L’avenir des concessionnaires automobiles

La vente d’automobiles a connu de nombreux changements au fil des ans, mais le principe de base est resté pratiquement le même. Néanmoins, la technologie, et surtout Internet, ont apporté certains des changements les plus rapides dans l’industrie, et en particulier dans la distribution des voitures. Beaucoup s’interrogent alors de l’avenir des concessionnaires de véhicules, des vendeurs de voitures ainsi que les rétributions de chacun dans la distribution.
Il n’y a pas si longtemps, il était contraire aux principes des vendeurs de tenir une calculatrice à leur comptoir lorsqu’ils parlaient avec un client. Cependant, la pratique totalement a changé : l’acheteur lui-même peut utiliser son smartphone pour calculer ses dépenses, visiter les show-rooms virtuels sur Internet, et même consulter des comparatifs en ligne, le tout sans quitter la salle d’exposition du concessionnaire.
Certains observateurs du marché automobile canadien disent que les concessionnaires automobiles disparaîtront d’eux-mêmes d’ici 2025. D’autres croient, au contraire, que leur rôle sera toujours indispensable. Pour trancher, nous dirions que le concessionnaire automobile continuera à exister, mais son rôle sera assumé de différentes manières. Le comportement des acheteurs et les attentes des clients ont radicalement changé, mais les revendeurs, quant à eux, comment assument-ils ces changements, surtout au Canada ? Non, dans les pays de l’Amérique du Nord, le modèle de vente automobile est demeuré remarquablement constant pendant des décennies. Les concessionnaires s’attendent toujours à ce que les acheteurs viennent dans leurs show-rooms pour tester un à un leurs centaines de modèles. De son côté, le client s’est habitué à l’achat en ligne : il s’est familiarisé avec les simulateurs 3D, et ne veut visiter un concessionnairequ’une fois sûr de son choix. Beaucoup estiment donc qu’un acheteur choisira sa voiture depuis chez lui, sur son PC, et passera commande en ligne. Le concessionnaire livrera ensuite sa nouvelle voiture à son domicile dans un délai de 2 à 4 semaines. La configuration du nouveau joujou, l’ajout d’accessoires et de garanties seront réalisés aussi simplement qu’en cliquant sur une check-box sur un écran de PC. Ce scénario suggère que les vendeurs desconcessionnaires du futur verront leur rôle réduit à celui d’un livreur.
Mais qu’en est-il des tests de voitures avant l’achat ? Qu’en est-il du marché d’occasion ? Qu’en est-il du service après-vente et des garanties ?Tesla a beaucoup fait parler de lui avec son modèle de vente directe. Veut-il ici nous donner un aperçu de l’avenir des concessionnaires automobiles, ou s’agit-il de rien de plus qu’une méthode de vente non conventionnelle pour vendre une voiture hors de prix?Il faut savoir que Tesla vend très peu de voitures par rapport au reste de constructeurs automobiles. Bien entendu, l’industrie fera encore l’objet de nombreux changements, mais jusqu’à preuve du contraire, l’emploi automobile dans la distribution ne sera pas encore remis en question.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le concessionnaire automobile est une partie essentielle de la vente au détail. Mais il est indispensable de mettre l’accent sur le professionnalisme. Le futur vendeur automobile sera un professionnel bien formé, qui n’hésitera pas à apporter une excellente expérience d’achat. Avec l’impact accru du digital (achat en ligne de voitures, comparatifs Internet), la nette progression des voitures d’occasion et l’arrivée de nouvelles pratiques (location de voitures peer-to-peer, covoiturage…), les besoins du client évoluent à grand rythme. Et les concessionnaires automobiles, tout comme les constructeurs et équipementiers eux-mêmes, doivent s’adapter en permanence à ces nouvelles attentes.L’emploi automobile devradonc se doter de nouvelles compétences, tandis que les rôles des vendeurs seront en phase avec les besoins du client.Avec l’arrivée des réseaux sociaux, l’interaction entre les entreprises et les consommateurs est directe et instantanée. Les vendeurs et concessionnaires automobiles auront donc un rôle prépondérant pour apporter l’écoute et la résolution des problèmes en automobile. Ils se tiendront informés des nouvelles tendances dans le secteur de l’automobile pour compenser leur perte de terrain par rapport aux nouvelles pratiques d’achat.

Le juillet 4, 2018
Humark